Arnaques aux vaches et autres placements frauduleux

Arnaques aux vaches : attention à ces faux placements financiers !!!

Avec une belle photo de vache en page d’accueil de site d’épargne financière, et un rendement garanti à 6% qui dit meuh ? C’est une grosse et nouvelle arnaque.

Cas des nouvelles arnaques agricoles, qui malheureusement prospèrent sur la crédulité des épargnants les moins aisés, et les moins informés. 

On clique donc sur le site « qui dit Meuh », et on y découvre d’abord des promesses de rendement bidon.

Là, on vous promet d’abord un rendement de 12% en gros, ou de 6 à 12%, ou même de 4 à 5%, qu’importe si ce n’est pas très précis puisque de toute façon tout est bidon, personne ne gagnera rien avec ce prétendu placement, sauf les escrocs de l’autre côté de cet écran de fumier. Tant qu’on y est, on rajoute en carotte « des possibilités d’avantages fiscaux », ça ne mange pas de pain et ça complète la panoplie du parfait argumentaire des arnaques à l’épargne.

Aucun placement en biens divers n’a d’autorisation de vente en France

Pour mémoire, depuis le 17 mai 2017, aucun vendeur de placements n’a le droit de proposer des placements en biens divers aux épargnants français sans une autorisation préalable de l’Autorité des marchés financiers. L’article 79 de la loi Sapin 2 a introduit une évolution du régime de l’intermédiation des biens divers, et l’article 550-1-II du code monétaire et financier a modifié le règlement général de l’AMF et conduit l’AMF à publier une instruction DOC-2017-06 qui interdit toute promotion de placements en biens divers sans un agrément préalable, c

Toute proposition d’investissement laissant espérer un gain économique doit faire l’objet d’un agrément préalable. Aucun agrément de ce type n’ayant été accordé, ces propositions sont toutes illégales: ce sont des escroqueries !

Car derrière ces promesses sur des sites Internet de pacotilles, il n’y a absolument aucune institution financière légale, mais seulement des circuits d’escroquerie en bande organisée qui feront disparaître l’argent volé aux épargnants dans les paradis fiscaux et bancaires, sans laisser de trace.

Depuis cette réforme, toutes les publicités pour des placements en diamants, vin, art, bijoux, pierres et métaux précieux ou autres biens divers, sont illégales, puisqu’à notre connaissance aucune n’a demandé et obtenu le contrôle préalable obligatoire de ses arguments.

Avec une jolie photo de vache en page d’accueil site www.cheptelepargne.com cache mal une arnaque aussi grosse qu’elle : un rendement de « 6 % » et « garanti » aux investisseurs qui placent leurs économies, via ce site, dans le cheptel bovin.

Comment fonctionne ce supposé investissement dans l’élevage laitier, un secteur qui, assure ce site frauduleux, ne « connaît pas la crise » (sic) ? « L’investisseur place son argent dans des vaches qui sont louées à des éleveurs », peut-on y lire. À l’éleveur, le lait, et la descendance mâle. À l’investisseur, la descendance femelle qui permettrait de faire grossir son cheptel. Dans la réalité, le montage sert surtout à traire l’épargnant.

L’Autorité des marchés financiers (AMF) tire la sonnette d’alarme. Les appels d’épargnants floués se sont multipliés ces dernières semaines auprès d’Épargne Info service, son service de renseignements téléphoniques. « Nous n’avions eu qu’une dizaine d’appels d’épargnants sur ce sujet en 2018. Tous d’ailleurs en fin d’année. Or, en 2019, nous en avons déjà reçu une cinquantaine ! » alerte Claire Castanet, directrice des relations avec les épargnants de l’AMF. Une montée en puissance qui inquiète. Les montants en jeu sont importants, avec des pertes moyennes déclarées de plus de 14 500 euros.

Des sites Internet d’arnaques extrêmement bien réalisés

Comment procèdent les escrocs pour convaincre Monsieur et Madame Tout-le-Monde d’investir plusieurs milliers d’euros dans un troupeau de vaches fictif ? Attirés par les promesses de rendements « cinq fois supérieurs au livret A » diffusés sur les réseaux sociaux ou sur des bannières publicitaires, les épargnants se rendent sur des sites Internet extrêmement bien réalisés. Entre deux photos de vaches, on les incite à en « savoir plus » en indiquant nom, prénom et, surtout, numéro de téléphone.

Très vite, les appels se multiplient. Au bout du fil, les escrocs font tout pour vous convaincre de faire des virements sur des comptes situés dans des banques à l’étranger (Portugal, pays de l’Est, etc.). « Après avoir investi une première fois, certains épargnants ont même été rappelés et on leur a dit : Vous pouvez bénéficier d’aides européennes liées à la politique agricole commune, à condition de réinvestir », souligne Claire Castanet, de l’AMF.

Alors, bien sûr, on peut ricaner, se dire que la ficelle est un peu grosse, que plus c’est gros, plus ça passe. Mais, pour arriver à leurs fins, les escrocs sont extrêmement doués, usant de techniques de manipulation mentale éprouvées lors de précédentes vagues d’arnaques, comme celle des placements dans les faux diamants, les faux bitcoins et autres options binaires.

Les escrocs surfent sur le bio

« Les escrocs ont simplement remplacé les faux diamants par des fausses vaches. Mais l’escroquerie est identique, ce sont les mêmes rouages », remarque l’avocat Gaël Colin, qui affirme avoir une dizaine de dossiers de clients ayant subi de lourdes pertes sur ces sites. Et de poursuivre : « La seule particularité, cette fois-ci, c’est que désormais les escrocs crédibilisent leurs arnaques en usurpant l’identité de vraies sociétés. »

Enfin, pour attirer l’épargnant, les escrocs n’hésitent pas surfer sur les préoccupations actuelles autour du « bien manger » et la recherche d’une agriculture plus responsable. Ainsi, le site frauduleux « France Bovins » insiste sur le fait que l’investisseur « participe au soutien de l’élevage agricole biologique tout en bénéficiant de taux de rendement attractifs ».